The panda

The panda

2 juin 2015 – C’est au Saint des Seins que je me retrouve pour assister à la finale du tremplin toulousain Le roi de la Zik ! Les 5 groupes, qui ont traversé une phase de vote sur internet et deux demi-finales, s’apprêtent à se produire à nouveau lors de cette soirée résolument rock.

Ouverture des portes à 20h, la terrasse du bar est déjà bondée, en même temps, le vainqueur est désigné en fonction du nombre de vote du public, les artistes avaient tout intérêt à ramener du monde ce soir. Le premier set de 20 minutes démarre à 20h30, le trio Ears Wide Open fait gronder les guitares et tambourine la batterie. Le groupe n’est qu’instrumental, pas de chanteur, pas de frontman qui se démarque. On ressent un manque au niveau de la communication avec le public, qui est un peu maladroite et surtout la formation y perd en charisme et du coup l’attention de la salle. Les garçons jouent quand même devant un bon petit groupe de fans, dont certains très à fond, mais la majorité des spectateurs reste dehors finir sa bière…  Quand on a une programmation éclectique comme celle de ce soir, il faut s’attendre à un changement de public en même temps que le changement de plateau …

Les EWO tiennent leur set de 20 minutes. Personnellement je ne suis pas très convaincue par leur performance, ils sont techniquement très bons mais j’ai l’impression qu’ils pèchent avec leur manque de présence sur scène. Puis, c’est le moment de l’inévitable changement de plateau. Cet instant de transition où, si vous êtes habitués aux tremplins, vous allez pouvoir juger de si votre soirée va être longue ou bien très longue, en fonction du temps que ça va prendre…. Bon là, moi qui déteste attendre je n’ai pas à me plaindre, les organisateurs ont plutôt bien géré tout le long de la soirée, pas plus de 10 minutes entre chaque groupe et pas d’incident majeur. Au final la soirée se terminera même un peu avant l’horaire prévu (si si c’est rare).

On passe donc aux  M.Beam, LE groupe de métal de la soirée. Les garçons et la fille (à la basse) sont pêchus, le rythme est soutenu, la guitare bien enragée mais la voix du chanteur manque quand même de puissance. En attendant, les transitions sont travaillées, le lien avec le public est fait avec un frontman qui n’hésite pas à descendre de scène pour chauffer les rares excités qui pogottent dans le pit. D’ailleurs, à part ces quelques initiés, le reste de la salle regarde plutôt le show à l’écart, comme une curiosité, une expérience inédite. Le groupe nous présente un bon panel de leurs capacités, avec des morceaux violents et rapides ou plus lents et sombres. Le niveau est plutôt bon, techniquement très bien et les musiciens sont bien calés ensemble.  Après ces 20 minutes qui m’ont, pour le coup, semblées très courtes, on passe au rock plus classique des Inner Mothership.

Là, j’avoue que j’ai eu plus de mal, non pas que le groupe soit mauvais, loin de là, mais Genn, le chanteur, a ce type de voix ni juste/ ni fausse qui m’insupporte rapidement. La salle est pourtant pleine, les morceaux sont entraînants et le groupe semble plus habitué à ce genre d’événement: ils ont une mise en scène plutôt travaillée (paillettes ….), des dialogues avec le public, pour le coup ils interagissent avec la salle dans son intégralité et c’est bien les premiers de la soirée à le faire.

Il est presque 22h, il fait vraiment chaud dans le Saint des Seins et ça ne va pas s’arranger avec l’arrivée des pirates … Oui, oui, des pirates, et il y en a des choses à dire sur le set des Flying Pirates, qui se décrivent eux-mêmes comme un « groupe de rock ariégeois » …. Et OUI ils sont en pirates sur scène MAIS on reste soft sur les costumes : un ou deux chapeaux par ci et une marinière par là. Niveau ambiance par contre on est un cran bien au dessus : ils ont du monde avec eux dont une grosse troupe d’excités qui s’anime violement dans le pit. Bon après, les jeunes gens semblent plus absorbés par leurs slams et leurs pogos que par la musique et le set y perd un peu. Musicalement le style punk-rock pirate au 36ème degré passe très bien, les musiciens sont à fond dedans, nous n’avons pas une grosse recherche technique mais ce n’est pas le but de la formation non plus. Et puis, pour la mise en scène, à partir du moment où on se retrouve dans un concert à maltraiter une poupée gonflable habillée en soubrette, à faire intervenir un catcheur mexicain qui porte le maillot de Borat dans un show pseudo S-M avec un esclave entouré de chaines, ou à saboter la fin de sa dernière chanson en faisant monter la moitié du public sur scène, ils avaient tout pour gagner mon respect. En tous cas, 20 minutes pour moi ce n’était pas suffisant, à voir en concert complet pour apprécier l’étendue du phénomène.

C’est l’heure de faire venir le dernier groupe de la soirée: The Panda. Le groupe de pop-rock ne pouvait pas contraster plus par rapport au set précédent : on retrouve 7 musiciens un peu à l’étroit sur scène, dont une claviériste et deux chanteuses, rien à voir donc ! Les filles sont hyper énergiques et leur dynamisme se transmet au public, bien que la justesse et le placement des chanteuses pâtissent par moment de cet excès d’enthousiasme. Et puis, petit problème au niveau des réglages du son : sur les morceaux plus doux, leurs voix sont quasi inaudibles. Les Pandas viennent pour embarquer la salle dans leur monde calme et serein avec des compositions légères et cela semble fonctionner, le bar est fasciné. Leurs morceaux sont travaillés pour donner de la profondeur à l’instru et une grande place au chant, à la manière de Broadway, le groupe a l’air de s’éclater et c’est bien ça qui leur permet de conquérir le public du Saint des Seins.

Passé ces 20 dernières minutes de set, le moment des résultats arrive. Le temps de recueillir les derniers votes, de faire le compte des urnes et les 5 finalistes se retrouvent dans le Saint des Seins au milieu de leur public pour l’annonce tant attendue. Les Ears Wide Open finissent avec un score de 38 votes, M.Beam 50 votes, Inner Mothership 62, Flying Pirates 99 et les grands gagnants de la soirée The Panda récoltent 130 votes. Explosion de joie bien compréhensible de la part du groupe gagnant et de leurs supporters. Le temps pour tout le monde de se remettre de ses émotions en finissant une bière, certains savourent leur victoire pendant que d’autres se remettent de la défaite, cette chaude soirée de découvertes se termine.

Auteur : Anaëlle Martin

Photographe : Antony Chardon

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