Møme

Vendredi 31 Mars 2017 – Le festival Les Ptits Bouchons impressionne d’année en année, réussissant le pari d’aligner les têtes d’affiche dans une ville qui compte moins de 20.000 habitants. Cette année notamment, ils ont dévoilé une soirée électro à faire pâlir certains concurrents. Retour sur la soirée électro la plus importante de tout le Tarn !

La soirée commencera d’abord par un groupe à la fois assez mal connu et inévitable : Jabberwocky. Depuis la sortie de leur nouvel EP , Make (Polydor), le 3 Mars dernier, le groupe enchaîne les dates à travers la France avec en ligne d’horizon l’Olympia le 21 Avril prochain. En attendant, c’est la Salle des Spectacles de Gaillac qu’ils ont chauffée à bloc ce soir. Avec une énergie débordante, ils ont enchaîné leurs tubes les plus populaires (Photomaton, Fog) et les tubes de leur dernier EP, plus groovys à l’instar de Late Nights qui a fait bouger tout le monde. On avait assez peur de la sonorisation dans la salle arrondie de Gaillac, qui a souvent fait preuve de lacunes à ce niveau. Mais le show lumière et son a été bien assuré, envoyant un signal fort comme quoi ils peuvent assumer un festival de ce niveau. La set list s’enchaîne donc sans problème, d’autant que les deux chanteurs de la soirée font leur boulot à la perfection. D’un côté Tessa B., qui a contribué à la production de Honeymoon sur le dernier EP ; de l’autre Opé Smith, chanteur soul qui a su parfaitement s’adapter à l’electro-pop de Jabberwocky. D’un côté une voix magnifique et féminine comme le groupe a l’habitude d’en convoquer, de l’autre une pile électrique qui a dynamisé avec classe tout le public d’un bout à l’autre de la tracklist. La complicité entre les deux en bonus est venue nous donner l’impression que les 5 artistes sur scène jouent ensemble depuis des décennies entières. Un live parfaitement réussi en somme, autant du côté de la scène que du côté des régisseurs. Et dire que cette soirée electro est la seule date des Ptits Bouchons qui n’est pas annoncée “Complet” !

Il faut attendre un changement scénique assez long et pour cause : les décors scéniques sont assez nombreux pour Jabberwocky comme pour Møme qui arrive dans la foulée. On remarque immédiatement un gros changement depuis son live au Zénith le 18 Novembre dernier (retrouvez les photos ici) puisque la simple table est devenue un décor sculpté et illuminé sur lequel repose toutefois le même matériel. Les mêmes guitares, les mêmes pads, la même énergie pour essayer de sortir de derrière ce support. On regrette néanmoins de ne pas toujours pouvoir le voir, caché derrière sa table de mix, mais la lumière vient combler un peu ce manque, avec une scénographie réfléchie. On retrouve l’exotisme et la plénitude qu’on lui connaît, toujours dans l’élan de ce que la chill exotique française nous propose de mieux en ce moment. Un peu moins dynamique, un peu plus planant que ses prédécesseurs, le relais entre les deux passe plutôt bien. Il enchaînera pendant un peu moins d’une heure ses tubes devenus bien connus, comme Aloha. En somme, pas de grandes surprises, si ce n’est un nouveau pad incrusté dans une sorte de guitare. Une idée tout à fait originale et qui lui permet de pouvoir poser sans être derrière ses machines : un plus.

On était tout à la fois étonné et curieux de découvrir l’un des plus grands noms de la scène electro française en troisième partie : Étienne de Crécy. Étonné car ce n’est pas vraiment le même public que Jabberwocky ou Møme, étonné aussi de le trouver dans ce genre de festivals et de structures. Nous avons rapidement compris que notre pessimisme était justifié. Dès le changement de scène, on voit les techniciens retirer le décor précédent, mais pour ne le remplacer que par un gros cube placé en plein milieu de la scène : c’est ce qui lui servira de seul décor et de support. Déjà, la différence avec les deux premières parties se sentait là, mais la suite n’a fait qu’agrandir le fossé. La Salle des Fêtes est dès lors plongée dans la House du DJ Set, virant tantôt vers le trip-hop, tantôt vers l’electro-funk. La lumière est quand à elle assez sommaire : quelques rayons par ci par là, évitant surtout de croiser le visage d’Étienne de Crécy pour le laisser à l’état de silhouette. La programmation ne nous semble alors définitivement pas bien pensée ici. Du côté du public, on constate que la salle se vide petit à petit et que l’état global de ceux qui restent se détériore, chose totalement logique et prévisible. On ne saurait blâmer le DJ, qui fait ce qu’il a l’habitude de faire en ambiançant la salle à coup d’anciens tracks (Binary) et de nouveaux présents sur son dernier opus Super Discount 3 (Night). Mais le public n’est pas le bon, le lieu non plus ; la différence est trop grande.

Déçu donc de cette troisième partie, qu’on aurait bien aimé découvrir dans un autre contexte plus favorable. Néanmoins, on reste sur une assez bonne note avec trois belles affiches dont deux très appréciées par le public gaillacois.

Auteur : David Vacher

Photo : Antony Chardon (Archive Thorium Mag)

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