Eluveitie

06 Novembre 2014 – Encore une date très attendue cette année, puisque c’est un concert à guichet fermé qui va se dérouler ce soir au Metronum. Une fois de plus, Spm Prod frappe fort et nous sert sur un même plateau : Skálmöld, Arkona et Eluveitie. Les vikings sont de sortie à Toulouse, ça promet d’être une soirée animée.

Malgré la longue file d’attente, l’entrée se fait en douceur et le Metronum se rempli progressivement, une bonne partie des spectateurs est déjà là quand les lumières s’éteignent à 20h pétantes ! Ce sont les islandais de Skálmöld qui commencent les hostilités. Depuis 2009 le sextet a sorti 3 albums, leur musique est un viking metal aux couleurs folk inspiré pas les œuvres épiques islandaises et la mythologie nordique. Ils sont chaleureusement accueillis par le public toulousain qui les avait découverts il y’a un an avec Finntroll et Tyr au Bikini. Innrás, Arás sont les deux premiers morceaux joués et la sauce prend tout de suite, ça s’agite dans le pit et les fans au premier rang sont en ébullition. Il faut dire que c’est efficace, la musique est entraînante, les gars sont souriants et animés. En tout, il y trois guitares, une basse, une batterie, un clavier et un peu de hautbois agrémentés par leurs 6 voix et leur bonne humeur. On sent également une belle complicité au sein du groupe. Skálmöld jouera des titres de leur prochain album MEÐ VÆTTUM dont Að Hausti et Með Fuglumet nous offrira un final épique sur Kvaõning. Une très bonne première partie que j’ai eu plaisir à revoir et qui vous plonge dans l’ambiance tout de suite.

Après l’Islande, place au folklore made in Russia avec Arkona. En 2002, Maria Arhipova alias Masha Scream et Alexandre Warlock Korolev appartiennent à une communauté païenne et forment Arkona (=principal sanctuaire des Slaves païens dans la mythologie) désirant exprimer leurs idéologies par le biais de la musique. Ils ont peiné durant quelques années avant de stabiliser le line-up composé  de 4 membres depuis 2004, de 5 depuis 2009. Les russes sont en tournée cette année à l’occasion de la sortie de leur septième opus : Yav. Vêtus de leur costumes traditionnels et de peaux de bêtes, les païens prennent possession de la scène à 21h. C’est parti pour une heure de show qui débute avec Yav, Goi, Rode, Goi! et Serbia. Leur musique folk/pagan raconte des histoires liées à la mythologie et au paganisme slave. Masha module son chant entre voix claire et growl sur des rythmes plutôt lents, relevés par une bonne gestion de la double pédale. Visuellement c’est assez particulier, on a cette petite blonde qui chante et crie en s’agitant dans tous les sens. Sur les côtés, il y a Vladimir aux instruments ethniques et Sergei à la guitare qui headbanguent à gogo et occupent plutôt bien l’espace. Vlad donne tout derrière sa batterie et on en oublierait presque Ruslan qui semble endormi en compagnie de sa basse. La technique est très présente, l’ensemble est toutefois particulier car il y’a peu de mélodie et les chansons sont très longues. Un style un peu primitif auquel on adhère ou pas. Il faudra attendre Stenka na Stenku et Yarilo pour se prendre au jeu, deux morceaux rythmés sur lesquels on éprouve un réel plaisir à se défouler. Congratulons la bonne énergie du groupe qui s’est largement répandue dans la salle. Avec pogos, slams, wall of death et tout le tralala … Хорошо Аркона !!

C’est maintenant le moment tant attendu, des suisses dont je suis fan et que j’attendais de revoir avec une certaine impatience : Eluveitie. Ce groupe de death metal celtique a été créé en 2003 par Chrigel Glanzmann mais c’est en 2008, lorsque sort le bijou qu’est Slania, signé chez Nuclear Blast, que tout va changer. Leur 7ème et ô combien excellent album Origins vient de voir le jour, en voilà une bonne excuse pour faire une tournée ! En 2010 ils se partageaient l’affiche avec Korpiklaani au Phare, les voici enfin de retour chez nous après un énorme succès lors de la dernière édition du Hellfest.
Troisième changement de décor avec une jolie scène aux couleurs du nouvel opus. Deux étages, des mini estrades, quelques spots, ils ont pensé à tout. C’est à 22h, sur les premières notes de King que les huit musiciens apparaissent enfin, acclamés par une foule enjouée et d’ores et déjà bien échauffée. Ca y est, ils sont là, en forme pour nous livrer leur métal celtique rehaussé de death. Chose non négligeable : la qualité du son est là aussi ! Quel plaisir ! Durant tout le set, Eluveitie communiquera avec son public, ils savent comment mettre l’ambiance. Les tubes se succèdent à une vitesse folle, Nil, From Darkness, Carry The Torch, ThousandfoldMerlin assure à la batterie, ça blast. Kay s’applique à  la basse pendant qu’Ivo et Rafael s’exécutent à la guitare, c’est propre. Padë joue de la flûte ainsi que de la cornemuse et Nicole est au violon. Tous se partagent la scène accompagnant les deux chanteurs, Anna et Chrigel qui gèrent aussi leurs instruments (vielle à roue, flûte, mandore…). Tout est techniquement et scéniquement au poil, Eluveitie sur scène c’est extra. Harmonie entre riffs lourds et mélodies celtiques délicates, rythmiques et voix fluctuantes, c’est un voyage ancestral en terre gauloise. Les deux voix sont parfaites, Mr Glanzmann a un timbre death incomparable, et impressionne par son aptitude à assoler 4 à 5 instruments au chant et à son rôle de showman. Dans le pit ça s’embrase aussi, l’heure est à la fête, danse, pogo, slams et, à la demande de Chrigel, circle pit et wall of death…S’en suit un moment de calme et de douceur, Anna Murphy annonce The Call Of The Mountains laissant son public choisir entre une interprétation en anglais ou en français. La langue de Molière sera victorieuse. Après ce court instant plus en légèreté, la cadence repart crescendo avec dix autres titres dont Omnos, The Nameless, The Silver Sister et Havoc. Au cours de la soirée, nous seront filmés, invités à faire un maximum de bruit afin de montrer aux autres villes qu’a Toulouse on sait faire la fête et embraser une salle. Le groupe est ravi de cet accueil et nous le fera savoir à plusieurs reprises. Les musiciens toujours bourrés de dynamisme occupent tout l’espace, montant à tour de rôle sur les différentes estrades, les deux filles font virevolter leurs chevelures à tout va. Le jeu de lumière est parfaitement en corrélation avec le reste, impossible cependant de regarder partout, c’est l’effervescence ! Les membres d’Eluvietie partent en coulisses un peu essoufflés mais les clameurs du public qui n’est pas tout à fait rassasié, les feront revenir rapidement. Ils nous offriront un final explosif interprétant Helvetios suivi de leur plus gros succès Inis Mona. Que dire ? C’était parfait… Ambiance, technique, présence scénique, son et lumière, tout était réuni pour nous charmer. Et oui, c’est un public conquis qui quitte le Metronum après une bonne heure et demie d’intense bonheur.

Encore une fois un énorme merci à SPM Prod qui nous à encore servi du pain bénit, merci au Metronum et bien évidement merci Skálmöld, Arkona et Eluveitie de partager ces moments avec nous. Revenez vite !

Crédit Photo: Antony Chardon

Auteur: Fanny Dudogon

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