Destroyer 666-15

Vendredi 4 mars 2016 – Premier trajet en direction de Barcelone pour 2016, j’ai manqué Exumer en janvier alors pas question de louper Deströyer 666. Le concert va se dérouler à l’Upload que je ne connais absolument pas. Le lieu est assez surprenant puisqu’il s’agit d’un club situé en plein cœur du Poble Espanyol. Qu’est-ce dont me direz-vous? Et bien c’est un joli musée à l’air libre situé sur la montagne de Montjuïc, où l’on retrouve des reproductions grandeur nature de bâtiments et lieux connus des grandes villes espagnoles. Je dois dire que je ne peux m’empêcher de rire en voyant les regards échangés entre les touristes qui sortent du village et les chevelus arborant fièrement vestes à patchs, cuirs et clous devant l’entrée.

Nous devons attendre la désertion des touristes avant de pouvoir pénétrer dans l’Upload. La salle d’une capacité d’environ 500 personnes est plutôt classe, toute noire et blanche avec des escaliers menant jusqu’à la scène. Atypique pour un concert de metal ! Allez, il est déjà 20h15 et ce sont les espagnols d’Insulters qui ouvrent le bal. Le groupe qui avait sorti son premier full-album, We Are The Plague, en 2013 monte sur les planches pendant que les metalheads arrivent, doucement mais sûrement. Nous sommes partis pour une trentaine de minutes de black/thrash metal en compagnie du vocaliste B.Vomitor, du nouveau guitariste Skeleton Grinder ainsi que de N.Cummer et C.Sodomizer respectivement à la basse et à la batterie. Ces derniers sont également membres de Morbid Flesh et Gusi, le batteur, joue aussi dans Graveyard (que nous avions reçu à Albi en janvier 2015 et qui seront au Summer Breeze 2016). Pas mal de projets annexes pour ces musiciens qui nous servent un set un tantinet froid mais vraiment efficace. B.Vomitor nous projette son chant bien écorché, canette de bière à la main pendant que B.Devastator délivre ses riffs rapides et mélodiques. Le duo basse/batterie est thrashy et percutant, le temps passe vite et le quatuor nous quitte déjà.

Bien qu’il existe depuis 1993, le groupe de black metal espagnol Cauldron n’a aujourd’hui qu’un seul album, Aker (2001), à son actif. Cependant la bande annonçait, le mois dernier, l’enregistrement d’un nouveau projet qui portera le nom de Regnum – Phobos. Il est environ 21h lorsque les artistes grimés prennent place sur scène. La pénombre s’installe et les premières notes s’élèvent. Cauldron fait dans le pure black metal, sombre, acerbe et malsain et va nous faire découvrir quelques titres inédits en plus des anciens. La rythmique, assurée par le batteur Thanatos alterne entre passages lents et blast beats rapides caractéristiques du genre. Le guitariste Reka délivre les mélodies atmosphériques qui viennent contraster avec les parties plus rapides et agressives. La basse de Crypt vient ajouter ce qu’il faut de densité, rendant le tout encore plus pesant et prégnant. Enfin, je dois dire que je suis impressionnée par la performance vocale d’Andrés Martín alias Rex Infervs. Il maîtrise le chant black à la perfection, voix éraillée et puissante à la fois qui vous prend littéralement aux tripes. Chapeau ! (et il assure en chant death dans Nebulah). Corpse paint, cartouchière, bracelets à clous et quelques projections de fumée sont là pour consolider l’ambiance “trve black metal” (même si, de par sa gestuelle, le vocaliste prend parfois des airs de chanteur de HxC). La foule s’est amassée entre temps et s’est bien chauffée grâce à l’excellente prestation de Cauldron.

Quelques petites modifications, il est plus de 22h quand la tête d’affiche de la soirée débarque. Natif de Melbourne, Deströyer 666 s’est expatrié en europe en 2001. Le groupe n’avait pas été très actif ces dernières années et, après de multiples changements de line-up, Deströyer 666 fait son grand retour en ce début d’année 2016. Le quatuor nous a, pour l’occasion, pondu une excellente galette du nom de Wildfire. C’est d’ailleurs avec une entrée en matière brute de décoffrage sur le titre éponyme de ce cinquième album que démarre le set. Décoiffant! Les mecs n’y vont pas par quatre chemins, l’amorce est ultra énergique. Ils enchaînent avec un ancien morceau percutant, A Breed Apart, suivi de l’étourdissante Live and Burn. Dans la salle c’est l’effervescence, le dynamisme incommensurable des titres mais aussi celui des musiciens vont se répandre au sein du public, les tignasses voltigent et les points se lèvent. C’est le créateur, chanteur et guitariste K.K Warslut qui dirige les troupes, charismatique et souriant, l’australien met le feu aux poudres. A ses côtés, le british Roland.C fait virevolter les notes sur sa guitare, les mélodies jaillissent à vive allure et explosent divinement dans nos oreilles. Plus discret,le petit nouveau Felipe Plaza qui nous vient du Chili assure parfaitement à la basse, il viendra de temps en temps s’exposer aux côtés de ses deux impétueux confrères. N’oublions pas l’excellent batteur Per Karlsson, le suédois envoie du lourd, ça blast à tout va, sa frappe est robuste et précise. Les bouteilles de bières se brisent, on piétine sur les bouts de verre entre deux séances de headbanging, emportés par ces rythmes destructeurs et thrashy à souhait, on s’attrape par les épaules et on chante à tue tête… C’est la folie! La setlist est rudement bonne, équilibrée avec du vieux autant que du neuf : I am the Wargod, Traitor, Satan’s hammer, Black city black fire, Satanic Speed Metal… Que du bon ! Keith et Ro sont déchaînés et le vocaliste prend du plaisir à flirter avec le public. Le rappel sera composé d’Iron Fist, Lone Wold Winter et White Line Fever. Voilà qui clôture parfaitement ce show, passé bien trop vite ! Deströyer 666 nous aura régalé avec son black/thrash efficace, une performance techniquement irréprochable et une énergie incroyable ! Le tout dans une ambiance vraiment chaleureuse.

Je sors de ce concert comblée avec néanmoins une audition légèrement (énormément) affectée. En Espagne ça joue fort, et même avec les protections auditives ça fait mal! Mais bon… c’est trve non ?

Merci à Chroma Nation et Elias pour l’accréditation et merci à Insulters, Cauldron et Deströyer 666 pour cette superbe soirée placée sous le signe du black /thrash metal.

Auteure et photos: Fanny Dudognon

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