Deluxe

Samedi 25 Mars 2017 –  La soirée s’annonçait prometteuse, elle a été monumentale. C’est pourtant un Zénith dans sa plus petite configuration qui a accueilli ce soir cette affiche tout public, mais un Zénith qui a fini tout feu tout flamme.

C’est un Otis Stacks, ou plutôt un Elias Wallace dans toute sa splendeur qui est apparu sur scène après une introduction musicale. Accompagné de son petit verre de whisky (du moins cela en avait fortement l’air), il ne le lâchera que très rarement durant toute cette première partie, alternant alors discours en anglais et remplissage de sa petite fiole. Loin de lui l’image d’un arsouille, c’est une classe à l’américaine qui émane des quatre membres du groupe ; une classe qui se retrouve dans leur musique. Entre soul épurée et puissance du hip-hop, c’est un univers extrêmement posé qui se met en place au fil de la setlist, chauffant un public un peu timoré jusqu’alors. Mais surtout, il y a cette voix ! Une voix unique, et parfaitement calibrée pour ce genre musical : un petit bijou de sensibilité, de chaleur et de sonorités presque blues. Ajoutée aux bons arrangements du synthétiseur, marque du producteur Justmike, cela donne des morceaux comme le désormais célèbre Fashion Drunk, pour lequel le chanteur lèvera son verre : le clip a dépassé le million de vues sur Youtube.
Nous arrivons finalement rapidement à la fin, cet univers ayant réussi à emporter le public. L’émotion du chanteur, ses grands mouvements passionnés, ses paroles d’amours perdus ; l’atmosphère Otis Stacks est bien palpable ce soir. Et elle plait : c’est sur une ovation générale que le groupe quittera la scène (après que le chanteur se soit servi, comme une évidence, un dernier verre).

Petit changement de plateau, qui fait retomber l’ambiance soul/groovy et rappelle au public ce qui arrive.
Ce qui arrive ? Une intro titanesque pour entamer un show tout aussi démentiel. Sur une musique épique, une led qui semble dessiner quelque chose de plus en plus précis : c’est sur la forme d’une moustache que le concert peut être lancé. D’emblée, on sent que la soirée ne fait que commencer, et le rythme endiablé de leur musique résonne déjà dans les applaudissements du public. Deluxe avait déjà enflammé le Bikini l’an passé ; ils ont fait pire encore. Enchaînant leurs tubes (et Shoes en premier lieu) avec une énergie folle, la soirée va vite tourner à la surprise party. Les costumes habituels bien en place, la scène va en effet se transformer en véritable cirque musical. Premier étonnement lorsque Soubri (percussionniste du groupe) s’envole dans les airs grâce à un système d’attaches au plafond. Rien que cela aurait pu suffire au spectacle, mais la Deluxe Family Show avait prévu les choses en grand ce soir. En très grand même. Après une longue présentation des membres dans les règles de l’art (solo de chacun, mise en scène etc.), ils inviteront  Elias Wallace a partager la scène ; le chanteur en profitera pour poser un flow assez étonnant et pour cause, nous n’avons l’habitude de le voir dans ce registre. Puis viendront à tour de rôle une spectatrice sur scène puis la descente du groupe entier dans le public pour un tour de Zénith, nous rappelant ô combien le contact avec le public est important pour Deluxe. Puis des ballons géants dans le public, un canon de confettis, un deuxième vol de la part ce coup-ci de Liliboy (chanteuse), le tout entrecoupé d’échanges chaleureux de la part de tous les membres du groupe (Kilo, le batteur/scratcheur en tête).
Hormis ce show impressionnant, la générosité et l’énergie du groupe est tout bonnement incroyable. Enchaînant pourtant ce soir la troisième date en trois jours, ils ne cesseront de sauter, de danser, de courir etc. Mélangeant tour à tour “ballades” et passages limite dub, acoustique et électrique, arrangements live et chansons de leur dernier album (Stachelight, 2016) ; c’est au final un spectacle complet que nous a offert le groupe. Un spectacle qui a visiblement fait l’unanimité au sein du Zénith, qui finira la soirée très majoritairement debout à acclamer la prestation dès qu’il le peut. Qui finira même par ambiancer les transports toulousains en continuant, à la fin du concert, à chantonner comme un hymne l’air entêtant de Pony.

Vous l’aurez compris, cette soirée fut une réussite absolue malgré le nombre assez important de places encore disponibles. Entre la soul urbaine de Otis Stacks et la musique décapante de Deluxe ; le public toulousain a eu visiblement tout ce qu’il désirait et même plus : preuve que le concert de ce soir était d’un grand niveau.

Auteur : David Vacher

Photos : Antony Chardon

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