Des fois on ne sait simplementorakle-eclats pas quoi dire. Des fois il ne faut pas chercher plus loin que ce que l’on a à porté d’yeux et d’esgourdes. Sous les mirettes justement, on a une pochette du plus bel effet. Et pour cause, le visuel reprend les sculptures du “Champs des Divinités Païennes” de Robert De Lagadec. Pour ceux qui s’intéressent à l’art, je vous conseille d’aller voir par vous-même. L’ensemble de cette pochette et du livret nous livre justement un graphisme aux “éclats” en adéquation formelle avec les intentions du groupe.

Ces intentions se retrouvent également dans la composition et la structure musicale. L’estampille, un peu pompeuse, Extreme Progressive Metal, du sticker sur le blister se retrouve bien dans les sonorités que nous livrent Orakle. Dérivé évolué du Black Metal, ces compositions sont à la fois intéressantes et créatives. Aux éclats donc. Ces sept années de créations se ressentent tant et si bien qu’on a l’impression que les membres du groupe ont joué aux Legos d’où la présence de phrases musicales qui se succèdent les unes après les autres, ou bien les unes sur les autres. Un format fracturé… éclaté.

Jusque-ici tout est bon ; le Prog permet les expérimentations, les tentatives de nouveaux sons, sons qui sont ici à la fois propres et travaillés. Mais -car il y a un énorme mais- la partie chant gâche tout. Parfois clair et suave, parfois growlé, ce chant n’arrive pas à se placer sur l’instrumentale dont la structure ne permet pas au chanteur de se caler convenablement. Une fois encore, aux éclats, mais c’est raté.

Autre point : les lyrics sont en français s’il vous plait ! Chose rare dans le monde du Metal… français et qui mérite d’être souligné et salué dans la démarche. Il faut dire que notre belle langue ne se prête guère au style, et les quelques rares tentatives se soldent souvent par des échecs. Ou alors il ne faut rien comprendre (Eths) ou bien avoir une bonne dose d’humour (Ultrat Vomit). Orakle ne possède ni l’un, ni l’autre. Ceci tient plus du fait que les paroles semblent avoir été écrites par une gamine gothique de douze ans en pleine crise existentielle. Ça se veut poète, par une avalanche de mots assemblés en aléatoire et arrangés de manière à former des rimes forcées (premier couplet du Sens de la Terre, par exemple) ne fait pas un bon poème. Sortir la carte de l’art “content pour rien”, ne changera pas la donne car c’est bien dans ce cadre-là que s’inscrit cet album.

Le fameux sticker du blister nous renseigne sur les influences d’Orakle comme pour essayer de légitimer cet album : « OpethEnslaved et Leprous » ; dirigez-vous plutôt vers ces groupes-là. A moins que vous ne soyez fan du groupe ou simplement curieux. D’ailleurs, soyez-le.

Note : 4.5/10 – Cet album ne vaudrait le coup que dans une version instrumentale. Si vous êtes déjà fan d’Orakle c’est du tout bon, si vous êtes curieux tentez le coup,  sinon passez votre chemin.

Auteur : Pierre Falba.

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