Crisix-2

Samedi 9 avril 2016 – Il y a des dates comme celles-ci que l’on attend avec impatience. Après avoir joué à Madrid hier, les jeunes thrashers de Crisix vont se produire à Barcelone en compagnie de Dr Living Dead! et Bellako. Au bout de quatre heures de route sous un soleil éclatant, nous arrivons dans le district Les Corts où se trouve la Sala Bikini. Il faudra se creuser la tête pour comprendre qu’une porte est dissimulée dans le mur en tôle qui se trouve en face de nous, original !

Aux alentours de 19h, les détenteurs du pass VIP pénètrent dans la salle pour partager un moment en compagnie de Crisix avant l’ouverture générale à 20h. Nous entrons et avançons dans ce looooong couloir sinueux (mieux vaut ne pas être claustrophobe) rejoignant ainsi la salle située au sous-sol. A peine le temps de poser les affaires que les lumières s’éteignent. La soirée démarre en force avec Bellako. Le quintet va nous servir une demi-heure de hardcore morderne, un savoureux mélange de brutal, speed et deathcore, bien pêchu et brut de décoffrage. La salle n’est pas encore pleine mais le groupe dégage une énergie telle que le public se chauffe quasi instantanément et les premiers pogos sont lancés. Derrière sa batterie, Carlos frappe la cadence alternant entre rythmique endiablée et gros coups de double pédale. A la guitare, Ricard fait virevolter sa chevelure tout en délivrant des riffs bien lourds mais aussi mélodiques et entraînants, épaulé par son confère Roy. C’est en chaussettes qu’El Negro se déchaîne avec sa basse 6 cordes, courant et sautant dans tous les sens, increvable ! Rober assure comme un chef la partie vocale, son chant est puissant et hargneux tout comme sa gestuelle. Les titres comme A FalloAl Inferno, Infected ou encore La Muerte vont défiler à vive allure emportant la foule qui s’agite de plus en plus et donne forme au premier circle pit de la soirée. C’est une réussite pour Bellako qui a su réveiller les ardeurs de la foule avec son HXC vif et couillu. Tenez-vous prêt le nouvel album sort bientôt.

Changement de plateau et de style, les Doc’ from Sweden de Dr Living Dead! vont débarquer. Le groupe nous avait régalé en mars 2015 en compagnie d’Angelus Apatrida et Suicidal Angels à Toulouse, c’est donc avec impatience que j’attends de les revoir. Avec un nouvel album en préparation, le quatuor est un peu moins présent sur scène cette année et ce fut une agréable surprise de découvrir qu’ils étaient les invités très spéciaux de Crisix pour ces deux dates (Madrid et Barcelone). La salle maintenant bondée se retrouve à nouveau plongée dans le noir, l’intro du dernier album Crush the Sublime Gods résonne et les Doc’ aux masques de squelettes apparaissent. Le public (très friand de ce groupe) ne cache pas sa joie et l’accueil est chaleureux. Leur thrash est moins violent que la musique de Bellako mais n’en n’est pas moins efficace, bien au contraire, la foule est déjà frétillante. Pas de surprise concernant le show, le bassiste Dr Rad est toujours aussi remuant et de l’autre côté le quiet Dr Toxic délivre ses riffs, agitant par moment sa caboche avec frénésie. Dr Slam quant à lui tape ses fûts tranquillement mais sûrement. Enfin, le chanteur à la voix qui rappelle forcément Mike Muir, Dr Mania assure son rôle de frontman. Le vocaliste, proche de ses fans, aime le contact et n’hésite pas à venir flirter avec le premier rang. Les membres de Dr Living Dead! vont encore une fois tout déchirer, propulsant les titres prégnants aux refrains éloquents que sont Gremlins Night, Dead end Life ou bien TeamXDeadX. Impossible de rester statique, les cadences ultra catchy sont galvanisantes! Je suis toujours aussi impressionnée par l’efficacité et la précision du jeu de Dr Toxic. Petit souci de micro, mais l’incident passe presque inaperçu, on reste dans l’ambiance ! Dr Mania annonce No Way Out, oh oui, oui oui ! J’adore ce morceau ! On saute, on chante et on s’adonne à notre activité favorite qu’est le headbanging, c’est tellement bon!! Encore quelques titres avant de nous quitter, Dr Toxic descend dans le pit réclamant son traditionnel circle pit. Les metalhead encerclent le guitariste pour un ultime moment de communion. Le quatuor nous quitte après seulement 35 minutes (et un slam du guitariste plutôt mal réceptionné, mais ça va, pas de bobo !). Un set court mais ô combien excellent! Dr Living Dead! en cd c’est très bon, en live c’est une tuerie ! A voir et à revoir, plus longuement si possible.

La salle est pleine, les spectateurs sont chauds, il ne manque plus que Crisix. Nous avons le temps de reprendre notre souffle pendant que la scène est modifiée. Je me souviens du 25 janvier 2015… Je découvrais pour la première fois Crisix en live qui ouvrait Tankard. Une soirée mémorable où le groupe avait déjà fait un carton. Puis, je les ai revus deux fois cet été, la date toulousaine fut grandiose. Les jeunes ont bossé dur ces derniers mois et donné naissance à leur troisième bébé: From Blue To Black, sorti fin mars. Lorsqu’on écoute cet excellent album on se rend compte que Crisix a mûri. On retrouve la fougue du premier opus The Menace, mais aussi quelque chose de plus agressif (avec des influences clairement HxC) et surtout de plus abouti. Autant vous dire que l’envie d’entendre les compos en live est grande! Le décor est mis en place, le backdrop du dernier album est tendu et des podiums lumineux sont placés devant nous. Extinction des lights, la scène se teinte de bleu lorsque l’introduction retentit. Les clameurs s’élèvent alors que Javi s’installe derrière ses fûts suivi par ses confrères. Bim ! Les premiers accords lourds à souhait de Conspiranoia explosent ! Les vibrations se répandent et le public réagit vivement. Deuxième morceau, deuxième rafale avec Journey Through The Fire, et ses “Shout, shout shout” que l’on reprend sans se faire prier. Comme à l’accoutumée, les jeunes musiciens sont débordants de vitalité, Busi, Albert et Dani aux guitares et à la basse courent dans tous les sens. Juli est en forme également, bien en voix, ses cris perçants sont toujours aussi incroyables. Dans le pit ça y va de bon cœur, l’ambiance est très très bonne ! Crisix va nous inonder d’énergie avec une setlist équilibrée, oscillant entre anciens tubes et nouveautés. Le quintet est ici à la maison et bien entendu tous les thrashers (et non thrashers) ici présents connaissent toutes les chansons. Je ne vous raconte pas l’euphorie durant les fameux Rise Then Rest ou Frieza Tyrant. Un concert de Crisix sans une partie de football of death ne serait pas un concert de Crisix. Néanmoins, le groupe se renouvelle aussi scéniquement avec un Juli en camisole de force et trimbalé sur un fauteuil roulant illustrant ainsi Psycho Crisix World. Ces jeunes sont des bêtes de scène mais surtout d’excellents musiciens, aussi fougueux qu’agiles. Mes interrogations concernant les nouvelles compositions se confirment: G.M.M et T-Terror Era sont deux pures merveilles taillées pour le live, dévastatrices ! Albert, Dani, Busi, Juli et Javi donnent tout, ils sont heureux d’être ici, leurs sourires ne trompent pas. Les bonnes choses doivent cependant finir à un moment donné et Crisix va clôturer le set en beauté avec Bring Em To The Pit et bien évidement Ultra Thrash. Leurs potes de Bellako viendront les rejoindre avant que les spectateurs, eux aussi, envahissent la scène. Un bon gros bordel partagé sur fond de thrash, plein d’amour et de générosité. Un succès pour Crisix qui, je l’espère, durera encore longtemps.

Nous sortons de là avec la nuque explosée mais surtout totalement ravis ! Les trois groupes ont été absolument géniaux, avec un son vraiment bon et un super show (lumière et mise en scène). Encore une soirée que nous ne sommes pas prêts d’oublier. A quand cette même affiche à Toulouse?  

Merci à Bellako, Dr Living Dead!, Crisix et SobryMusic pour la soirée.

Auteure et photographe: Fanny Dudognon

 

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