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« Have ye courage, o my brethren?
The signs are everywhere.
Some did not see it coming, others refused to see.
I can feel it in the tingle of the air, in the heartbeat of the earth
And I can tell that the storm is coming all down on me. »

Mgla – With Hearts Toward None

Repartir sur un succès est presque plus difficile que recommencer après un échec. C’est pourtant l’exercice difficile qui attendait Sepulchral Productions, organisateur de la Messe des Morts, après la tonitruante cinquième édition. L’annonce tardive du meneur du second psaume laissait libre cours aux spéculations et les attentes étaient grandes après Satanic Warmaster et Lifelover l’an dernier. En tant que fanatique de Black Metal depuis un certain temps déjà, je dois avouer que l’affiche de cette sixième édition est venue aiguiser ma curiosité. En effet cette année se révèle être plutôt riche en découvertes, voyez (et écoutez !) plutôt.

Mais commençons par le commencement. La Pologne est à l’honneur avec trois groupes à l’affiche dont les deux têtes d’affiche. Mgla tout d’abord a fait couler beaucoup d’encre avec son dernier opus Exercices in Futility et nombreux sont ceux qui sont venus assister à leurs prestations encagoulées de par le monde. Le groupe peut également se targuer d’être un vrai phénomène de mode sur la scène et de toucher cette nouvelle vague de public Black Metal à tendance hipster, ce qui justifie surement sa place sur l’affiche. Cependant que le lecteur se détrompe, je suis loin de critiquer la présence du groupe et serais parmi les premiers à les applaudir. La palme de l’annonce à laquelle on ne s’attendait pas (moins à priori) revient à Graveland. Comme à son habitude, la Messe ne fait pas dans le conventionnel et la prestation du groupe fera la part belle aux vociférations des premiers essais en laissant de côté leur récent virage Pagan. En espérant que le passage à la frontière se passe bien…

Le penchant de Metal Noir Québécois est d’une exceptionnelle qualité cette année encore avec deux des piliers du genre: Forteresse et Monarque. Le premier revenant en force avec un album des plus inspiré (lire notre chronique de cette petite merveille ici) et pour un premier spectacle à Montréal depuis la sortie de celui-ci. Le second a déjà foulé les planches il y a quelques mois, avec une prestation exemplaire, présageant un des moments forts du Psaume I. Du côté des découvertes locales, notons la présence de Cantique Lépreux (qui regroupe notamment des membres de Chasse Galerie et de Forteresse) qui viendra défendre Cendres Célestes pour la première fois à Montréal et d’Ossuaire, nouvellement formé. D’autres groupes plus habitués des salles montréalaises comme Blackscorn (avec de nombreux membres de Brume d’Automne) et Outre-Tombe seront aussi de la partie.

Dans mes coups de cœur internationaux je place sans hésiter Aosoth et Cult of Fire. Une (trop) grande partie des habitués du festival avait dû rater la performance de ces derniers lors de la cinquième édition et je remercie sincèrement le festival d’avoir rattrapé ce petit accrochage (bien hors de son contrôle !). Cette fois ci le rituel sera total ! De l’autre côté les français d’Aosoth dont les dissonances et l’atmosphère étouffante ne sont pas sans rappeler Deathspell Omega devraient envouter l’assistance.

Du côté des découvertes, le festival profite du passage de la tournée d’Ulcerate et  Zhrine accompagnés des montréalais de Phobocosm pour ajouter cette petite touche de Death Metal malsain devenue une tradition pour la Genèse. Du côté des Etats Unis, une des découvertes qui m’a marqué c’est Uada, leur dernier album Devoid of Light (chez Einsenwald) a beaucoup tourné pendant la rédaction de cet article. Sangus se démarque violemment du lot avec son Black/Trash qui risque fortement de retourner le Théâtre Plaza. De plus, la Messe a toujours eu un certain talent pour ressusciter les (groupes) morts et cette année ne déroge pas à la règle en voyant une prestation de Mayhemic Truth, penchant démoniaque et oublié des membres de Morrigan qui seront là également pour explorer leurs nouvelles attirances plus proches du Hammerheart de Bathory que de The Return. Pour finir ce tour d’horizon, les français de Moonreich et les polonais de Blaze of Perdition viendront compléter le tableau.

Une programmation moins centrée sur les têtes d’affiche cette année mais plus sur des découvertes et groupes récents de très bonne qualité qui j’espère motiveront le public à venir tôt chaque soir. Cette année encore, le festival montre sa capacité à se renouveler et continuer à développer cette réputation qui en a fait le rendez-vous incontournable du Black Metal en Amérique du Nord.

Pour plus d’infos le site du festival ou via Facebook

Auteur : Traum

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