CloZee

Clozee

Vendredi 10 Mars 2017 – C’est une line-up extrêmement variée que nous proposait ce soir Reg@rts Asso, nous donnant à parcourir en une soirée différentes facettes de l’electro française.

DJ Low Cut pour commencer. Fortement influencé par le rap US (qui a d’ailleurs donné son nom au premier album du beatmaker parisien, NY), c’est donc sur un urban set que Le Connexion s’est chauffé, mélange de flow US et de beats puissants. Une semaine jour pour jour avant la sortie de son nouvel album Dead End, il a su jouer de ses inspirations East-Coast pour faire taper du pied un public de plus en plus nombreux, jusqu’à remplir la petite salle du Connexion. Il a su jouer, malgré un manque de light-show qui laissait prévoir le pire pour la suite. Malgré tout, l’ambiance lourde imposée par le DJ set de Low Cut a fait son effet, et a ravi dans un même temps les fans de hip-hop US des années 90.

C’est donc devant un public chauffé à bloc que Chloé, ou plutôt Clozee, a pris place, pour un set très attendu après la sortie de son dernier EP très réussi : Harmony (2017). Après un Koto donnant le ton à l’oriental, c’est un set efficace qui s’annonce malgré un manque de lumière cruel, on connait l’importance de celle-ci sur de l’electronica, en témoignent les arrangements de plus en plus poussés chez des artistes comme Superpoze, Thylacine et bien d’autres. Toujours est-il que, malgré cela ainsi que l’absence de micro, elle n’aura pas eu beaucoup de mal à capter un public visiblement conquis. Mélangeant son dernier album, ses anciennes productions ainsi que ses remixs les plus connus – avec en clef de voûte le remix de Ratatat (Loud Pipes) et de Barbatuques (Baiana); on la retrouve aussi efficace qu’elle l’était déjà quand elle avait assuré le show au Bikini en Septembre dernier. C’est ainsi qu’elle finira son set sous une ovation du public, visiblement déçu que le timing ne permette un dernier morceau.

Car le troisième volet de la soirée se prépare, et pas des moindres : Al’Tarba accompagné de DJ Nix’on. Déjà la transition entre l’urban et l’oriental paraissait audacieuse pour les deux premiers artistes mais l’univers noir de ces derniers tranche davantage, et le public passe d’un son harmonieux aux scratchs lugubres des deux DJs.

“Je souhaite qu’à l’écoute de cet album, les gens voient Travis Bickle rôder dans Gotham City, avec quatre droogies à son bord.” disait Al’Tarba à la sortie de son dernier album : La Nuit se lève. Il faut dire que la scénographie nous aide particulièrement ce soir, diffusant sur les piliers des images des plus sombres, entre rues nocturnes menaçantes et prolifération de virus. L’univers décrit ici se retrouve parfaitement dans le set, accompagné par un batteur au niveau pour clore le tout. Un final en apothéose donc, pour une soirée osée mais réussie dans l’ensemble, malgré une grande différence d’atmosphères et de tons entre les artistes qui a dû en freiner certains. Seule la lumière a beaucoup manqué à la prestation, notamment sur des musiques atmosphériques telles que celles-ci ; mais le niveau musical a bien vite rattrapé cela.

Auteur : David Vacher

Photo : Antony Chardon (Archive Thorium Mag)

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