Le 29 octobre dernier, le groupe britannique Alt-J était de passage à la Place Bell. Après deux années d’absence dans notre ville, le trio d’indie-rock aux influences électroniques était de retour à Montréal pour enivrer la foule lors de leur présente tournée Relaxer, du même nom que leur dernier album. Beaucoup de titres plus anciens ont été joués, même que plus de la moitié des chansons provenait de leur premier album An Awesome Wave.

Après une première partie qui a été assurée par Bishop Briggs, le groupe a été accueilli chaudement (hystériquement) par l’ensemble de la salle. Ils ont commencé le bal avec 3WW de leur plus récent album, un début assez lent, mais bien calculé. Exploser dès le début ne ressemble pas à la mécanique du groupe. Le jeu de lumières était remarquable; quatre rangées de bâtons cylindriques lumineux étaient disposées entre les trois musiciens allant jusqu’au plafond, s’illuminant au gré de la musique. L’effet de ces lumières avec l’éclairage était éblouissant même si par quelques moments, c’était un peu too much. Ils ont ensuite embarqués avec des titres de leur premier album : Something Good, Ripe & Ruin et Tesselate. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont joué majoritairement des titres d’An Awesome Wave; c’est clairement l’album le mieux connu et celui le plus apprécié, du moins ici à Montréal. Il ne faut pas se le cacher, le deuxième album a reçu un accueil moins chaleureux et on ne parle pas du troisième. Est-ce parce qu’ils explorent un côté musical qui s’éloigne de ce qui avait attiré leur public à leur tout début?

Ils ont joué six titres sur huit de Relaxer, laissant de côté House of the Rising Sun et Hit Me Like That Snare. Il faut dire que l’album en tant que tel manque de linéarité, passant de 3WW, avec une trame plus lente à In Cold Blood ou bien Deadcrush rappelant plutôt la musicalité d’An Awesome Wave. Ce point plutôt négatif est toutefois inversé en spectacle, car cet éclatement est nécessaire pour divertir et stimuler la foule. Pleader est de loin le morceau le plus instrumental de l’album, mélangeant le violon avec des cuivres ainsi qu’un chœur; des textures nouvelles et ne plaisant visiblement pas à tous. Un monsieur très sympathique a crié pendant qu’ils interprétaient cet avant-dernier morceau : «Jouez donc vos bonnes tounes!» Il a probablement été satisfait lorsqu’ils ont enchaîné pour terminer avec leur single Fitzpleasure.    

Pour ce qui est de leur deuxième album, This Is All Yours, ils ont interprété Nara, The Gospel of John Hurt, Every Other Freckle ainsi que Left Hand Free (en rappel). C’est surprenant qu’ils n’aient pas joué Hunger of the Pine, mais bon on ne peut pas tout avoir. Ils ont tout de même joué Taro et Breezeblocks (An Awesome Wave), de quoi combler 90% de la salle. Ce dernier titre a été joué en rappel pour clore le spectacle en beauté. 

Le concert a été à la hauteur des attentes: la voix unique de Joe Newman, un jeu de lumières singulier et un son qui voyageait. Il ne manquait que la mélodieuse Ellie Rowsell et une salle de spectacle plus chaleureuse pour une réussite totale! 

Auteure: Laura Gauthier

Photographe:Marie-Jade Morneau

All content © 2017 Thorium Magazine - Interviews, News, Albums, Concours, Live reports et photos de concerts sur Toulouse et Montréal depuis 2009