All Time Low

18 octobre 2017 – De retour avec Deadly Rhythm, en collaboration avec Alternative Live et Bleu Citron ce soir, au Bikini cette fois pour assister à la seule date française des américains d’All Time Low sur leur tournée The Last Young Renegade.

Les anglaises de Hey Charlie ouvrent le bal. Leur set est déjà entamé quand j’entre dans la salle mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’on va avoir la place de respirer ce soir. La foule attendue pour  cette date unique n’a pas répondu présent – ou prend bien son temps pour lisser sa mèche et enfiler ses jeans troués avant de venir, au choix.  Revenons à Hey Charlie si vous le voulez bien. Le style des 3 poupées blondes se situe entre rock noyé dans du sirop à la cerise et pop- whiskey-coca. Les londoniennes se décrivent comme un « grunge pop band » …. Et il m’a fallu un moment pour essuyer le sang coulant de mes yeux après avoir vu cette appellation.  Cependant les filles ont le mérite de ne pas se démonter malgré une situation un peu difficile, elles ouvrent le concert, qui est leur premier en France, devant une salle à moitié vide. Et le public se chauffe tranquillement, ayant même droit à quelques riffs un peu lourds, notamment sur Cheer Up Princess, morceau figurant sur leur EP Our Young And Lonesome, et une reprise de Teenage Dirtbag de Wheatus avec en guest Alex. Vous l’aurez compris je ne suis pas à fond dans cette première partie. Ce qui me dérange le plus en fait, c’est que ce groupe est le stéréotype de ce qu’un producteur blanc hétéro se figure quand il parle de « groupe de rock de gonzesse », des filles avec de jolies jambes qui exploitent une esthétique vaguement 90’s avec un  « girl power » très conventionnel et mignon. Je trouve ça dommage, mais il est déjà temps de passer à Creeper.

Avec deux groupes sur trois venant des UK ce soir, je pense qu’on peut parler d’une réelle invasion plutôt que d’un débarquement. Les 6 membres de Creeper se décrivent donc comme un groupe de … punk … Décidément les appellations sont à revoir au pays de la reine. On est plutôt ici en présence d’un rock/ pop-punk teinté de notes emo/ MCRish (le chanteur a d’ailleurs quelque chose de Gerard Way dans son attitude). Le groupe est en place, la voix de Will est impeccable et on sent leur volonté d’assurer dans leur rôle de chauffeur de salle. Petit bémol cependant, la saturation des guitares atteint un point de non retour –peut être le côté « punk » qui pointe le bout de son nez ? De nouveau, à cause entres autres d’un public parsemé et de la grosse différence de styles entre les groupes, ce set n’est pas évident. En observant de loin, il en devient même un peu « awkward ». Mais je suis plutôt convaincue par les morceaux tirés de leur debut album Eternity in Your Arms – en français « l’éternité dans tes bras », on la sent bien la grosse influence punk non ? Ce groupe rentre dans ma liste des groupes à revoir si l’occasion se présentait, dans un autre contexte ils peuvent, j’en suis persuadée, très bien passer.

Devant la scène, les fans trépignent d’impatience, il est enfin temps pour All Time Low d’entrer en scène. Les guitares de The Last Young Renegade résonnent, les lumières s’allument, Alex, Jack, Ryan et Zack apparaissent. Je suis étonnée de voir que le groupe qui plaisait déjà aux ados il y a de ça 10 ans, attire aujourd’hui le même genre de public. C’est donc un public tout en fraîcheur qui s’époumone devant la scène, et il faut dire que cela fait du bien. La salle est toujours aussi vide, ce qu’Alex qualifie très poliment « d’intimiste ». Les titres parfaitement exécutés s’enchaînent et le public entonne tous les refrains : Backseat Serenade , Guts, Something’s Gotta Give. Le show est réglé au millimètre, le jeu des lumières est magnifique et l’enchaînement des morceaux est fluide. On sent cependant que le groupe s’économise, si vous vouliez voir une grosse débauche d’énergie sur scène ce n’est pas la bonne soirée. Les garçons profitent des transitions entre les morceaux pour adopter l’attitude cabotine de rigueur pour ce genre de groupes : de grands sourires bright, un peu de dragouille avec les filles du premier rang et des blagues au goût plus ou moins douteux – parce qu’un guitariste qui collectionne les soutiens gorges sur son pied de micro moi j’appelle ça du mauvais goût. On en arrive à ce moment du set où je commence à trouver le temps un peu long, mais heureusement ATL  a décidé de sortir la grosse artillerie : les tubes. Quand je parle des tubes d’All Time Low, je pense à ces morceaux que j’écoutais quand j’avais 15 ans … Et là la machine à remonter le temps est en marche : Weightless, Lost in Stereo, Good Times, j’ai enfin l’impression d’être dans mon élément. Et finalement vient le rappel, sans grande surprise c’est Kids in The Dark et Dear Maria, Count Me In qui ont été retenus comme derniers morceaux ce soir. Après 1h30 de show, le groupe se retire, laissant ses fans avec un grand sourire aux lèvres.

Une soirée avec des groupes de qualité inégale mais qui se finit sur une note positive. Merci aux organisateurs, à la salle et aux groupes d’avoir rendu cela possible.

Auteure : Anaëlle Martin

Photographe : Antony Chardon

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